Troïka - Brume épilogue Session partagée par Fosher

Troïka - Brume épilogue

24 mai 2026, 22:25 Troïka

Notes

Brume traverse un portail et arrive dans un petit monde comestible, très coloré et en pleine effervescence. Les avenues sont faites de nappes à carreaux, les montagnes ressemblent à des pins posés dans la nourriture, au loin des rivières de sauce portent de petits bateaux faits en gâteaux secs et des villages sont construits dans de grandes théières. Le ciel est éclairé par un grand œuf au plat dont le jaune fait office de soleil.

Dans une avenue de nappes à carreaux, Brume remarque un petit bol de purée dans lequel est plantée une saucisse vivante, avec deux petits bras, des yeux, une bouche et un cure-dent avec une petite couronne. Il s’approche, salue la créature et apprend qu’elle s’appelle « Saucisse Première ». Saucisse explique qu’il se déplace en sautant et en « pétant », qu’il a rarement vu des étrangers et que le royaume du déjeuner éternel est régi par la Grande Faim, cachée sous le royaume. Brume expose sa mission : retrouver une fourchette magique, mais aussi le « dernier applaudissement » et un « reçu d’abandon d’une mémoire ». Saucisse répond qu’il cherche lui aussi des couverts. Brume comprend aussi que le grand buffet royal a disparu depuis quelques jours et que trop manger ici pourrait réveiller la Grande Faim et engloutir tout le village.

Brume et Saucisse quittent l’avenue et se dirigent vers le grand buffet. En chemin, Saucisse saute sur une rivière de sauce sur un cracker flottant. Le cracker se révèle conscient et proteste quand Brume monte dessus : « Ouille, ouille, on pourrait y faire doucement ! » Brume goûte quand même un morceau de cracker trempé dans la sauce, qui s’avère excellent. Ils arrivent ensuite à la grande grille, derrière la montagne du château de pain, où des petits cubes de viande courent sur leurs jambes pour franchir une grille enflammée tandis que des passants regardent et prennent des paris de vive voix. Brume parie sur un cube, le cube réussit sa traversée et un brocoli lui remet un petit morceau de brocoli en récompense, que Brume dépose ensuite dans la purée de Saucisse.

De retour vers le château de pain, Brume apprend que la salle du grand buffet était au sommet de la colline de pain, mais qu’elle a disparu. La ville entière ressemble à une cuisine géante : les petits pois vont se mettre dans la purée, les sauces coulent dans des plats, les légumes et les cubes circulent partout. Brume rencontre ensuite le roi et la reine, deux silhouettes faites de fromage fondu et de légumes, qui disent être arrivés là depuis le dernier déjeuner et n’avoir rien administré de plus que leur présence. Ils confirment que le buffet royal a disparu et que personne ne sait vraiment pourquoi. Dans la grande salle désormais vide, Brume ne trouve qu’une très fine lamelle de parmesan sur laquelle est écrit : « Merci, bien à vous. »

En remontant la colline, Brume et Saucisse visitent plusieurs petites maisons en pain d’épices, toutes vides ou presque, qui portent des noms. Brume relève notamment la salle de la tristesse, la salle du repas, la salle de la veille, la salle de la politesse, la salle des légumes, la salle du repas dansant et la salle de l’escalade. La salle de la politesse se révèle être une immense pièce-cube où, au centre, sont suspendus très haut une assiette, une fourchette, un couteau et un cornichon. Brume comprend que la pièce réagit aux paroles : plus il est poli, plus il s’élève ; plus il est grossier, plus la salle pivote de 90 degrés. En répétant les formules de politesse, Brume et Saucisse montent jusqu’aux couverts, Brume récupère la fourchette magique, le couteau, la cuillère, l’assiette et le cornichon, puis range le tout dans son sac. Un portail apparaît au bas de la salle ; Brume le traverse et quitte le royaume de la nourriture, tandis que Saucisse reste derrière avec son bol fendu et que la scène bascule vers un autre décor.

Brume arrive dans le théâtre des morts mal répétés, une ville-théâtre peuplée de silhouettes humaines réduites à l’état de squelette, vêtues de lambeaux, sous un ciel de décor avec nuages et faux éclairs. Un petit homme de bois nommé Sire Velours l’aborde depuis un balcon. Il confirme le nom du lieu et explique que tous les jours des morts essaient de jouer des pièces mais échouent toujours : texte oublié, scène ratée, sortie précipitée sous les huées. Brume dit qu’il est là pour récupérer le dernier applaudissement. Un autre personnage, Poussière, « le nécromancien Fromage Poli », sort de derrière des fourrés et explique qu’il faut être extrêmement poli pour atteindre la salle de la politesse. Sous sa direction, Brume et Sire Velours montent un spectacle en trois actes : rencontre avec Saucisse, promesse de la manger plus tard, puis abandon dramatique. Brume accepte de jouer la saucisse, reçoit une baignoire, du coton couleur purée, un bonnet de saucisse, un dispositif de prout, un effet de fumée et son bocal fluorescent. Il improvise une histoire d’abandon, tandis qu’un faux Brume est pris pour un voleur venu manger les couverts. Des champignons montent alors sur scène avec des moulins à sel et à poivre, assaisonnent le faux Brume, et la mise en scène se referme sur Brume seul.

Sur scène, Brume déclame la fin tragique, appuie sur les pédales, et la fumée envahit tout. Quand elle se dissipe, tous les squelettes sont prêts à applaudir. Une petite fiole descend alors du ciel, avec une étiquette indiquant « le dernier applaudissement ». Brume l’ouvre ; une myriade d’applaudissements mélancoliques en sort, et le public de squelettes se met à frapper des mains avec tristesse. Brume rebouche la fiole, la range dans son sac, remercie le public et traverse un nouveau portail, après que Sire Velours a fait sa révérence finale et a choisi de rester derrière.

Brume passe ensuite dans un lieu calme, un grand hall d’exposition en dalles de pierre, rempli de vitrines et de structures de verre qui s’étendent à perte de vue. Les vitrines présentent des choses qui n’ont jamais existé : un royaume qui n’a jamais été fondé, des concepts, des objets, des scènes. Brume rencontre un petit garçon translucide sans nom fixe, qu’il appelle Pipin, et qui dit avoir perdu quelque chose qui n’a jamais existé. Pipin explique qu’ils sont au musée des choses qui n’ont jamais existé et qu’il n’y a que lui et des conservateurs invisibles. Les deux décident d’explorer ensemble, tandis que Brume remarque que les vitrines et leurs inscriptions s’effacent dès qu’on les regarde ou qu’on les pense, comme si l’existence du lieu dépendait de l’attention portée à ses objets.

En avançant, Brume et Pipin voient apparaître des vides de plus en plus grands. Des vitrines se vident, des étiquettes se défont, des cubes entiers disparaissent sans bruit. Brume brise une vitrine avec un fauteuil à l’intérieur, mais le contenu s’évapore immédiatement. Il retrouve aussi un château en ruine dans une vitrine et reconnaît le décor qu’il avait déjà visité lors de son arrivée à Troïk. Pipin grandit progressivement jusqu’à la taille de Brume tout en gardant son apparence d’enfant. Brume constate qu’une vitrine brisée porte l’étiquette « Brume » ; la vitrine voisine est vide et renvoie à une « Institution collectionneur de trucs ». Il touche Pipin pour vérifier qu’il est tangible, puis les deux continuent vers le seul passage encore praticable, de plus en plus proches d’un grand mur et d’un espace qui s’efface derrière eux.

Ils atteignent le Bureau du conservateur. La pièce contient un bureau vide, un gros fauteuil, quelques papiers, des tiroirs d’archives et un ticket marqué « reçu ». À côté se trouve un document intitulé « Abandon de mémoire ». Brume prend les deux. Un portail s’ouvre derrière le bureau. En regardant Pipin, Brume constate qu’il porte maintenant son propre visage et ses vêtements, comme un miroir, tout en restant translucide. Brume lui propose de le suivre, mais Pipin ne voit pas le portail. Brume le prend par la main et traverse quand même. De l’autre côté, il se retrouve dans une salle grise et impersonnelle avec un petit bureau, trois casiers, des classeurs et un pseudo-dossier sur la table. Le dossier est à son nom : « Brume ». Il contient des notes sur des exploits et trouvailles, une date de naissance antérieure à la sienne et surtout la mention : « Collecteur perdu lors d'un transit entre sphères continue néanmoins à rapporter les objets demandés. » Brume pose alors sur le bureau les objets récupérés au fil des trois biomes, prend le dossier avec lui, puis traverse un dernier portail qui l’amène dans une forêt chatoyante. Pipin ne le suit pas, et la session s’achève sur ce nouveau départ.

Moments forts

Scènes marquantes retenues pour cette Session.

Découverte

Découverte du royaume du déjeuner éternel

Brume arrive dans un monde fait de nourriture, sous un soleil en œuf au plat, et Saucisse Première lui explique que la Grande Faim peut engloutir le royaume si l’on mange trop.

C’est la révélation fondatrice de la session : elle pose le décor, la menace centrale et la logique absurde du biome.

Drôle

Le pari de la Grande Grille

Brume parie sur un cube de viande à la Grande Grille, le cube réussit sa course et un brocoli lui remet un morceau de brocoli en récompense.

Moment très visuel et léger qui montre le fonctionnement du monde et donne un gain concret au passage.

Intrigant

La salle de la politesse révèle les couverts

Dans une pièce immense, Brume découvre que la politesse le fait monter jusqu’à une fourchette magique, un couteau, une cuillère, une assiette et un cornichon suspendus dans le vide.

C’est la résolution de l’objectif principal de Brume dans le premier biome, par un puzzle environnemental original.

Interprétation

Le théâtre des morts mal répétés

« Je suis venu ici pour récupérer cette fourchette magique... » puis Brume et Sire Velours rejouent la rencontre, la promesse et l’abandon de Saucisse en trois actes.

La mission devient une vraie scène jouée, et le groupe transforme la quête en dramaturgie pour obtenir ce qu’il cherche.

Rebondissement

Le dernier applaudissement en fiole

Une fiole descend du ciel ; quand Brume l’ouvre, une myriade d’applaudissements mélancoliques en sort et le public de squelettes applaudit avec tristesse.

L’objet recherché est obtenu sous une forme inattendue, avec une forte charge émotionnelle et scénique.

Rebondissement

Le dossier Brume

Au Bureau du conservateur, Brume trouve un dossier à son nom qui le décrit comme un « collecteur perdu lors d'un transit entre sphères » continuant malgré tout à rapporter les objets demandés.

Révélation importante sur l’identité de Brume et sur sa fonction réelle dans la mission, qui recontextualise toute la traversée des biomes.

Découverte

Le musée qui s’efface quand on le regarde

Au musée des choses qui n'ont jamais existé, les vitrines se vident, les étiquettes s’effacent et les espaces disparaissent au fur et à mesure que Brume et Pipin avancent.

Le lieu se révèle instable et lié à l’existence même des choses observées, ce qui fait basculer l’enquête vers une menace plus étrange que physique.

Illustration de la Session

Illustration de la Session Troïka - Brume épilogue

Personnages

Lieux

Royaume du déjeuner éternel

Monde comestible éclairé par un grand œuf au plat dans le ciel, gouverné par la Grande Faim.

Château de pain

Colline et ensemble de bâtiments en pain d'épices au sommet desquels se trouvait la salle du grand buffet.

Grande grille

Lieu de cuisson et de spectacle où des cubes de viande traversent une grille enflammée.

Salle de la politesse

Grande pièce-cube où la politesse fait monter les personnages vers des couverts suspendus et la grossièreté fait pivoter la salle.

Théâtre des morts mal répétés

Ville-théâtre peuplée de squelettes qui ratent sans cesse leurs pièces.

Musée des choses qui n'ont jamais existé

Grand hall d'exposition rempli de vitrines présentant des objets, concepts et lieux inexistants.

Bureau du conservateur

Pièce de bureau du musée où Brume trouve un reçu et un document d'abandon de mémoire.

Forêt chatoyante

Nouveau biome atteint par Brume à la toute fin de la session.

Objets

Fourchette magique

Couvert recherché par Brume, récupéré dans la salle de la politesse.

Couteau

Couvert suspendu avec la fourchette magique, l'assiette et le cornichon.

Cuillère

Couvert récupéré avec les autres objets de la salle de la politesse.

Assiette

Assiette suspendue dans la salle de la politesse et emportée par Brume.

Cornichon

Cornichon suspendu avec les couverts dans la salle de la politesse.

Lamelle de parmesan

Fine lamelle trouvée dans la salle vide du grand buffet, portant le message « Merci, bien à vous. »

Fiole du dernier applaudissement

Petit contenant descendu du ciel dans le théâtre et rempli d'applaudissements mélancoliques.

Reçu

Ticket trouvé sur le bureau du conservateur, portant la mention « reçu ».

Abandon de mémoire

Document trouvé au bureau du conservateur et associé au reçu.

Dossier Brume

Dossier du bureau du conservateur révélant que Brume est un collecteur perdu entre les sphères.

Bocal fluorescent

Accessoire de scène utilisé par Brume pendant la représentation au théâtre.

Bâton de bois

Bâton trouvé/porté par Pipin dans le musée, utilisé ensuite pour briser une vitrine.

Sorts et pouvoirs

Politesse et grossièreté

Dans la salle de la politesse, parler poliment fait s'élever les occupants, tandis que les mots grossiers font pivoter la pièce de 90 degrés.