Un appel du consortium des coïncidences
Kitara, Sherlock Cthulhu et Alexandrina menaient chacun leur existence singulière, dispersés dans leurs univers respectifs, lorsque tout bascula. Un flash bleu, une main inconnue, et soudain, tous trois se retrouvèrent perchés sur la selle d’un grand vélo. L’engin était conduit par Tibor Mélange, un homme en costume trois pièces mêlant les styles d’époques, qui les emmena à travers une cité-planète grouillante de créatures et de peuples variés.
Tibor, excentrique et volubile, leur remit quatre poignées de porte gravées chacune d’un nom : Helmut Briska, Mira Vel, Oscar Neme, et une dernière poignée restée mystérieuse. Il leur expliqua qu’ils avaient été choisis pour enquêter sur une série de comas inexpliqués frappant la ville. Acceptant la mission, les aventuriers se retrouvèrent dans une rue administrative calme, prêts à commencer leur enquête.
Premiers indices et portes ouvertes
Le groupe localisa rapidement l’appartement de Helmut Briska. L’homme gisait dans un coma profond, arborant un sourire figé. L’appartement, dépourvu de toute décoration, ne livrait qu’un carnet contenant une note énigmatique : « Quand je dormirai, que ce soit enfin ailleurs ». Aucun indice tangible, ni poison ni substance suspecte, ne fut découvert. Un voisin leur apprit qu’Helmut, solitaire, n’était pas venu travailler depuis deux semaines.
Au bureau d’Helmut, un vaste open space administratif, rien ne trahissait sa personnalité. Les collègues ignoraient tout de son absence, mais la surcharge de travail et les dossiers en retard étaient manifestes.
La poignée suivante les mena à la boutique de couture de Mira Vel. Son mari expliqua que Mira dormait profondément depuis trois jours. À l’étage, ils découvrirent la couturière plongée dans un sommeil paisible, du sable doré sur les cils, et des murmures satisfaits dans l’air. Une figurine en forme de sablier, gravée « Le rêve commence quand on cesse de résister », attira leur attention.
La troisième poignée ouvrit la porte de l’appartement d’Oscar Neme, un jeune homme endormi, lui aussi recouvert de sable doré. Le sable semblait se multiplier à chaque tentative de le retirer. Une voisine évoqua une visite nocturne mystérieuse et des paroles inquiétantes sur le sable et l’abandon. Un gobelin bleu du quartier mentionna avoir aperçu un homme en robe auréolé d’une lumière dorée, correspondant à la description du marchand de sable.
Le passage vers la cité de sable
Convaincue que le sable était la clé, Kitara proposa un rituel : elle offrit son sang à Sherlock, qui le mêla au sable pour ouvrir un passage. L’expérience réussit et Kitara fut projetée dans un monde de cauchemar, sur le pont d’un navire secoué par une mer déchaînée. Sherlock et Alexandrina la rejoignirent bientôt à bord.
Une silhouette féminine aux yeux rouges, la vendeuse de cauchemars, apparut alors. Elle expliqua, énigmatique, que « lui il garde, moi je renvoie » et que « les cauchemars aident à grandir ». Après cet échange, elle les laissa passer, leur ouvrant l’accès à une cité souterraine immense, composée d’alcôves où les âmes des endormis vivaient des existences idéalisées.
Face au marchand de sable
Les aventuriers observèrent Helmut, Mira et Oscar, heureux mais prisonniers de leurs rêves. Ils rencontrèrent le marchand de sable, une créature gigantesque qui affirma offrir un refuge aux âmes abandonnées. Il expliqua que chacun venait à lui de son plein gré, préférant la paix onirique à la dureté du réel, et refusa de réveiller quiconque contre sa volonté, jugeant cela d’une violence extrême.
Les tentatives de réveil restèrent vaines. Sherlock invoqua un cultiste pour tester la manipulation du marchand de sable, mais constata que les âmes étaient conscientes, profondément attachées à leur rêve. Le groupe s’interrogea sur la nature de cette prison dorée, sur la perte de la notion du temps et sur la morale d’une éventuelle libération.
Retour et dilemme
Le marchand de sable, d’une voix changeante, leur signifia qu’il était temps de partir. Les aventuriers utilisèrent la dernière poignée et se retrouvèrent dans le parc du début. Tibor les attendait, leur offrant des objets insolites : un mouchoir qui éternue, une boîte à biscuits contenant des gâteaux invisibles, et une boussole du regret. Il leur remit aussi une poignée de porte permettant de retourner dans leur monde.
Avant de partir, les personnages explorèrent encore la cité, découvrant l’immensité de Troïka et ses barges dorées reliant les sphères. Un dilemme moral persistait : le sommeil éternel du marchand de sable était-il une prison ou un havre de paix ? La question de l’intervention, entre violence et respect du choix, demeurait sans réponse définitive alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la cité.